«Cogito ergo sum» Gómez Pereira 1554

œuvres Simulacres ou « hors les murs »

Face au mur (en référence au portrait)

Roman Opalka series, white is white, canvas
Opalka-series, 2021, acrylique sur toile, 65 x 81 cm.

2021

«À l’âge de l’écran, l’ex art abstrait cherche les règles nouvelles d’un art de la dé-simulation.»
«La peinture à l’âge de l’écran, notes» Dust-Distiller.com, Philippe Hurteau, 2014.

Si, comme le prédisait le philosophe Bernard Stiegler, l’entropie est la tendance inéluctable de la période dite de l’Anthropocène, nous allons sans doute – pour faire court – «droit dans le mur» ! Aussi nous faut-il le voir en face (au sens large). Il est l’objet qui délimite l’espace et qui protège, il est aussi le mur de la cellule qu’est devenu notre logement par temps de «confinement» et autre «couvre- feu».
De l’art pariétal à l’art contemporain, le mur symbolise le support de l’expression artistique. Interroger les murs c’est par conséquent, questionner une grande partie de l’histoire de l’Art. L’histoire du cadre, de la «fenêtre», du champs et du hors champs, l’histoire de l’icône, le statut même de l’image. C’est encore questionner la frontière entre la figuration et l’abstraction, la sublimation et le simulacre, les prémices et la fin d’une œuvre. En art, le mur est multiple. Un subjectile et sa matière. Relief, failles, fissures et systèmes d’accrochage déterminent sa singularité : c’est un studio et c’est le studio de X, un atelier et c’est l’atelier de Y, une galerie et c’est la galerie de Z…

Mes recherches picturales sur le recouvrement, la mémoire – donc l’oubli – avec la série «Amnésie temporaire» (peintures, 1992-1994) et «Amnésie Internationale» (peintures, 2017), m’ont conduit vers un travail plus minimaliste d’effacement par le ponçage de documents (cartes, publicités, catalogues), l’objet et ses traces faisant signe (papiers poncés 2019-2021).

«Artaud s’intéresse à ce qui est laissé en marge, qui va être jeté (série des peintures sans qualités), ce qui est en général éliminé (la poussière de ponçage, de gommage), ce qui est à coté, qui reste mais sera peut-être recouvert (traces de peinture sur un mur)» Caroline Pottier, 2021

Cette série à requestionnera le portrait à l’aune de l’abstraction, l’irreconnaissable, le simulacre et «ce qui fait œuvre», thématiques récurrentes dans mes recherches. Sans artiste, pas d’œuvre ! Ou presque… Je peindrai ici l’absence, les murs nus !
À venir, 20 «portraits» de murs d’ateliers vides, associés aux portraits «en creux» de mes amis artistes-plasticiens (Dominique Bulteau, Éric Pénard, Laurence Drapeau, Philippe Hurteau, René Patron, etc…) En regard de la découpe de leur silhouette (peinte) dans la petite «fenêtre» de tableautins, peindre les traces résiduelles des murs, comme indices d’une occupation singulière du lieu.


« La Résistance au Salon ! »

Les Rockuptibles

L’invu est invisible précisément parce qu’il s’étale sous les yeux. J.-L. Marion, La croisée du visible


… « À force, le mur ne surprend plus.
On se dit qu’il fallait bien s’attendre à quelque chose
comme ça. » …

Antoine Emaz Poème du mur, in Caisse Claire, 2007

Les autres oeuvres

Jean-Claude Artaud